Forrest Gander traducteur traduit


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«La vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité.»


Photo Manuel Toledo
Les classiques, ironisait Oscar Wilde, sont des auteurs dont tout le monde parle mais que plus personne ne lit. Nous vous proposons de redécouvrir Pablo Neruda, ses poèmes, ses combats, son époque, sa vie. En un mot, nous voulons faire descendre Neruda de son piédestal, afin de vous le rendre plus proche, plus familier, plus vivant.

À se trouver ici, pour le soixante-dixième anniversaire de l’arrivée du Winnipeg au Chili, à Isla Negra, face à l’océan Pacifique, dans la demeure de Pablo Neruda perchée sur les rochers, mon émotion est grande.
Continueront leurs voyages choses
de métal entre les étoiles,
monteront des gens exténués,
violenteront la douce lune
pour y fonder leurs pharmacies.
En ce temps de pleine vendange
le vin commence alors à vivre
de la mer à
Au Chili dansent les cerises,
chantent les fillettes obscures
et dans les guitares l’eau brille.
Le soleil touche toute porte
et fait miracles de tout blé
le premier vin de teinte rosée,
il est doux comme un enfant tendre,
le second vin lui est robuste
comme la voix d’un marinier
le troisième vin est une topaze,
coquelicot et incendie.
Ma maison compte mer et terre
et ma femme a d’immenses yeux
couleur des noisettes sylvestres,
lorsque survient la nuit la mer
se pare de blanc et de vert
bientôt la lune dans l’écume
rêve en fiancée océane.
Je ne veux changer de planète.
Vaguedivague, 1958, Traduction de Louis Aragon
revue par Mélina Cariz
ne promènent-ils leurs petits?
Quel est l'oiseau aux plumes jaunes
qui remplit le nid de citrons?
Pourquoi n'apprend-on aux hélicoptères
à butiner sur le soleil?
Où la pleine lune a-t-elle laissé
son sac nocturne de farine?
Pablo Neruda, Le livre des questions, p 145. Editions Gallimard, 1979,
Traduction de Claude Couffont
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Je sentais dans mes doigts
les graines
de l'Espagne
que je rachetai, que je répandis
sur la mer, destinées
à la paix
des prairies. (1)
Le 4 août 2009, on commémorera le soixante-dixième anniversaire du « poème » que Pablo Neruda considérait comme le plus important de son œuvre. Poème ailé qui a entrepris son envol «pour la première fois sur le quai d'un embarcadère, près de Bordeaux.» (2)
Ñ 
Google a rendu hommage à Pablo Neruda le jour du 105ème anniversaire de sa naissance, en lui dédiant son logo du dimanche 12 juillet 2009. Visible dans l’édition chilienne et espagnole c'est le 94ème logo du populaire outil de recherche.
Récemment –à l’occasion du Centenaire Neruda– nous parlions de la permanence et de l’universalité de sa figure, de l’étonnante pertinence et la vigueur toujours actuelle de sa parole. Comme contrepoint à ces observations, l’hommage quelque peu inattendu de Google –le média sans frontières, résolument tourné vers l’avenir- pour cet anniversaire, vient à confirmer avec éclat nos considérations d’alors, mais surtout l’envergure planétaire de Pablo Neruda et de son oeuvre.
M.C.
Véronique Pestel, pianiste, auteur-compositeur et interprète depuis une vingtaine d'années en France et à l'étranger. Seule au piano pendant près d'une heure, elle chante ou dit des poètes rencontrés au fil de ses lectures, et mis en musique par ses soins, notamment et parmi beaucoup d’autres : Louis Aragon et sa «Complainte de Pablo Neruda».Ernesto Cardenal est le gagnant du Prix Pablo Neruda 2009.
Photo AP
France, jadis on te soulait (*) nommer
En tous pays, le trésor de noblesse
Par un chacun pouvoit en toi trouver
Bonté, bonheur, loyauté, gentillesse,
Clergie, sens, courtoisie, proesse.
Tous estrangiers amoient te suir (**).
Et maintenant voy dont j'ay desplaisance.
CHARLES D'ORLÉANS (1430)
(*) Avait l'habitude
(**) Suivre
C’est ce poème de Charles d'Orléans que Neruda choisit pour introduire ses poèmes consacrés à la France dans son livre Las uvas y el viento, (Les grappes et le vent) publié en 1954.
Pablo Neruda et Danai Stratigopoulou
Ñ
La ville de Bordj-Bou-Arreridj et ses alentours par satellite (World Wind/Nasa)