jeudi 13 août 2026

LA POÉTESSE CIRCE MAIA REMPORTE LE PRIX PABLO NERUDA-2016

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CIRCE MAIA 


Circe Maia, la poésie uruguayenne à l’état de grâce /
La Diaria
Un nouveau prix international de poésie vient s'ajouter au riche parcours de la poétesse uruguayenne Circe Maia (Montevideo, 1932). Cette fois-ci, un jury composé des écrivaines Rosabetty Muñoz (Chili), Lila Calderón (Chili), Carmen Ollé (Pérou), Laura Wittner (Argentine) et de l’écrivain Andrés Neuman (Argentine) lui a décerné le Prix ibéro-américain de poésie Pablo Neruda 2026. La poétesse, âgée de 94 ans, a appris la nouvelle en ligne, en compagnie de sa fille, lors d’un échange avec les représentants du prix.

La Diaria 12 août 2026 - 1 minute de lecture 

CIRCE MAIA   
FOTO MARNELS FERREIRA

la poétesse Circe Maia recevra le Prix ibéro-américain de poésie Pablo Neruda / Elle est la première Uruguayenne à obtenir cette distinction décernée par le ministère de la Culture du ChiliÀ 94 ans, Circe Maia reçoit une nouvelle distinction qui vient couronner une œuvre d’une rare discrétion. La grande poétesse uruguayenne s’est vu attribuer le **Prix ibéro-américain de poésie Pablo Neruda**, décerné par le ministère chilien des Cultures, des Arts et du Patrimoine. Elle est la première Uruguayenne à inscrire son nom au palmarès de ce prix créé en 2004.

À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR 

La nouvelle lui a été annoncée à distance, lors d’une rencontre virtuelle à laquelle elle assistait aux côtés de sa fille. Sa réaction, d’une simplicité désarmante, résume peut-être mieux que tout discours l’esprit de son œuvre : « Je ressens beaucoup de joie pour ce prix inattendu. C’est une très agréable surprise. »

Le jury, composé des poétesses Rosabetty Muñoz, Lila Calderón, Carmen Ollé et Laura Wittner, ainsi que de l’écrivain Andrés Neuman, a salué une voix « d’une grande profondeur philosophique » dont les poèmes se distinguent pourtant par une « simplicité étrange et hypnotique ».

Toute la singularité de Circe Maia est là : **penser profondément sans jamais alourdir le poème**. Chez elle, la philosophie se glisse dans les gestes ordinaires, les conversations, les objets familiers. La réflexion n’écrase pas le quotidien ; elle en révèle plutôt l’étrangeté. Peu à peu, son écriture s’est dépouillée, devenant plus elliptique, plus minimale, jusqu’à atteindre cette forme de limpidité où chaque mot semble pesé.

Le ministre chilien Francisco Undurraga a ainsi évoqué une poésie capable de réunir « capacité réflexive et don communicatif ». Une formule qui dit bien la force d’une œuvre qui ne cherche ni l’effet ni la démonstration. Chez Maia, l’étonnement naît presque de rien : une perception, une phrase, un instant suspendu. Et soudain, le familier devient énigme.

Née à Montevideo en 1932, Circe Maia appartient désormais au cercle des grandes voix de la poésie uruguayenne contemporaine. Son œuvre complète a été rééditée récemment, signe d’une reconnaissance critique renouvelée. En 2023, elle avait reçu le **prix international de poésie Federico García Lorca** et, l’année précédente, avait été déclarée citoyenne d’honneur de Montevideo.

À l’heure où tant de poésie cherche à se faire entendre, Circe Maia aura choisi l’autre chemin : **celui d’une voix basse, précise, presque effacée — et qui, justement pour cela, continue longtemps de résonner.**

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NERUDA PLAYA EL POETA RECOGIENDO CARACOLAS
EN VARADERO, CUBA, 1942.
FOTO MARIO CARREÑO
La conchyologie [ou malacologie NDR]est une passion comme d'autres, mais ce n'est pas forcément celle que l'on soupçonnerait de prime abord chez un poète. Peut-être moins encore chez un prix Nobel de littérature.
Peut-être moins encore chez un prix Nobel de littérature. Ce qui commence à restreindre fortement le choix des élus. Peut-être Saint-John Perse, éventuellement ? Eh bien non, c'est le poète chilien Pablo Neruda - qui partage la carrière de diplomate avec Perse.


► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Passionné pourtant qu'il fut, le père Neruda. Et quand il ne griffonnait pas du papier pour nous sortir des poèmes étonnants, il passait au crible les plages du monde à la recherche de petits exemples de coquilles vides, abandonnées sur le sable par une marée nouvelle. Et comme tous les connaisseurs, il devait particulièrement apprécier les lendemains de tempête, riches en trouvailles.

En plus de vingt ans, il aura même accumulé plus de 9000 coquillages, avec 400 spécimens différents de variétés rares ou peu connues. Pour la première fois, l'Instituto Cervantes de Madrid va les exposer alors que le poète en avait fait don à l'université du Chili en 1954. Pour le commissaire Pedro Nuñez, la nature a toujours été une source d'inspiration privilégiée pour le poète communiste - ce n'est pas incompatible, et même que l'on n'est pas contraint de virer dans l'aragonisme...Inspiré et frappé d'admiration par les dons généreux de la nature. 

Une obsession même pour les proportions mathématiques, qui transparaît plus ou moins dans ses textes, et que ces coquillages reflétaient, comme une métaphore de la diversité de la vie au sein de ces mêmes limites. Un jour, le poète écrivit : « La meilleure chose que j'ai recueillie au cours de ma vie, ce sont mes coquillages. Ils m'ont offert le plaisir de leurs prodigieuses structures, la pureté lunaire de leur mystérieuse porcelaine. »

Plus qu'un hommage, un dévouement...
 

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