dimanche 31 mai 2009

COUVERTURES DES ÉDITIONS PRINCEPS DE PABLO NERUDA.

Voici réunies pour la première fois, les couvertures des éditions Princeps de Pablo Neruda. Parmi la vaste œuvre poétique du Nobel de littérature 1971, cet ensemble –dont la recollection suppose une longue et patiente tâche– constitue un corpus aux contours délimités, pouvant faire l’objet d’une collection fermée.



samedi 23 mai 2009

ALESSANDRO CANDINI ET PIERRE SANTINI RENDENT HOMMAGE À PABLO NERUDA ET FEDERICO GARCIA LORCA

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PABLO NERUDA ET FEDERICO GARCÍA LORCA À BUENOS AIRES, OCTOBRE 1933.


Dimanche 24 mai 2009, la Comédie du Livre de Montpellier invite le pianiste Alessandro Candini et le comédien Pierre Santini pour un hommage à Pablo Neruda et Federico Garcia Lorca.

samedi 9 mai 2009

CUBJAC : soirée poétique et musicale

La municipalité de Cubjac et le Foyer laïque rural organisent une exposition pendant deux jours sur le thème «l'Amérique latine dans nos assiettes», à la salle Raymond-Gintrac, vendredi 15 et samedi 16 mai.
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mardi 28 avril 2009

Pablo Néruda mis à l'honneur à Colmar


Jean-Marie Radiguet déclame Pablo Néruda. Photo DNA

Jean-Marie Radiguet, peintre, poète et comédien du Canton Vert, a comblé les dizaines de personnes présentes à la bibliothèque municipale de Colmar grâce à sa magistrale interprétation de poèmes extraits du Chant Général de Pablo Neruda.

lundi 13 avril 2009

ERNESTO CARDENAL: PRIX PABLO NERUDA 2009

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ERNESTO CARDENAL EST LE GAGNANT DU PRIX PABLO NERUDA 2009. PHOTO AP

Le poète nicaraguayen Ernesto Cardenal, connu dans tout le continent pour ses « épigrammes », a été annoncé aujourd'hui gagnant de la version 2009 du Prix Ibéro américain de Poésie Pablo Neruda, l'une des principales récompenses littéraires remises au Chili.

vendredi 10 avril 2009

Pablo Neruda l'influent

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Pablo Neruda fut élu le personnage le plus influent de la culture latino-américaine.

mardi 7 avril 2009

MORT D'UN ANTI NÉRUDISTE PROFESSIONNEL

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RICARDO PASEYRO 
Ricardo Paseyro, poète et écrivain franco-uruguayen, est mort le 5 février 2009 à Paris. Né en 1925 à Mercedes, en Uruguay, Paseyro fut Consul dans les villes Françaises du Havre et de Rouen entre 1960 et 1973, et il fut démis de ses fonctions suite au coup d'État de Juan María Bordaberry.


samedi 14 mars 2009

La poésie de Pablo Neruda

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À l'origine du spectacle, donné par la compagnie José Manuel Cano Lopez, mardi 17 mars 2009 à 20 h 30 au théâtre de Bayonne, les poèmes de Pablo Neruda, la musique d'Astor Piazzolla, une oeuvre du compositeur contemporain Jean-René Combes-Damiens, un ensemble de quatre clarinettes et une comédienne.
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vendredi 13 mars 2009

FRANCE FLEURIE REVIENT !

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CHARLES D'ORLÉANS REÇOIT L'HOMMAGE D'UN VASSAL
F
rance, jadis on te soulait (*) nommer
En tous pays, le trésor de noblesse
Par un chacun pouvoit en toi trouver
Bonté, bonheur, loyauté, gentillesse,
Clergie, sens, courtoisie, proesse.
Tous estrangiers amoient te suir (**).
Et maintenant voy dont j'ay desplaisance
.

(*) Avait l'habitude

(**) Suivre

Cest ce poème de Charles d'Orléans que Neruda choisit pour introduire ses poèmes consacrés à la France dans son livre Las uvas y el viento, (Les grappes et le vent) publié en 1954.

Inséré comme intertexte en français, Neruda garde l'orthographe d’origine de l'ancien français. Neruda lui donne le titre de «France fleurie revient», le titre original du poème étant «La Complainte de France».

La proximité et la complicité de Neruda avec la culture française sont connues. Mais pourquoi inclut-il en particulier ce poème et cet auteur dans son œuvre ? Sûrement pas par érudition.

Une explication peut se trouver dans les vers de son poème «Y sin embargo» («Et cependant») où il se plaint de son expulsion de France pour cause de Guerre Froide. Neruda est, en effet, expulsé de France en août 1952.

En 1949, Neruda était entré en France avec l'identité et le passeport de son ami Miguel Angel Asturias, le grand écrivain guatémaltèque qui obtiendrait le Prix Nobel de littérature en 1967. Le poète avait entrepris le chemin de l'exil, après avoir dénoncé la trahison du président Gabriel González Videla, dans son discours « J'accuse…! » (***) au Sénat chilien.

Pendant ces années-là, le sénateur Neruda - dépossédé de son immunité parlementaire- développait une intense activité politique, diplomatique et littéraire en Europe et en Asie. Il milite dans le Mouvement pour la paix, ainsi que dans la solidarité avec ses camarades prisonniers et poursuivis au Chili.

Il faut se souvenir du contexte international de l’époque : le monde vivait les débuts de la guerre froide et on se trouvait au milieu des guerres coloniales d’Afrique et d'Indochine.

Les ambassades chiliennes en France et en Italie demandaient avec insistance l'expulsion de Neruda. La demande provenait du Président chilien lui-même.

En 1952, l'ordre d'arrestation contre Neruda est révoqué au Chili. Après trois ans et quelques mois d’exil, Neruda rentre à Santiago le 12 août où de grands hommages de bienvenue lui sont rendus.

Avant d’embarquer pour le Chili, Neruda se réunit avec quelques amis venus lui dire au revoir dans un restaurant à Cannes. Pablo Picasso et sa femme Françoise Guillot (mère de Paloma), Paul Eluard et sa femme Dominique, Inés et Carmen Figueroa, le mari de cette dernière, Philip Meyer, et Paul Picasso (fils du peintre et d’Olga Kokhlova) étaient au rendez vous.

Au moment d'embarquer, Neruda fut convoqué par haut-parleur par la police du Port à Cannes. On l’informait officiellement que le gouvernement français le considérait Persona non grata et qu'il était désormais interdit de séjour en territoire Français, même en transit.

Les détails de cette expulsion ont été livrés par l’architecte et cinéaste Alberto Mántaras Montegna à son ami José Miguel Varas, qui les révéla lui-même dans son livre Tal vez nunca. Cronicas Nerudianas (Peut-être jamais. Chroniques nérudiennes.) Editorial Universitaria, 2008. Alberto Mántaras avait, en effet, pris le même bateau que Neruda.

C’est là qu’intervient la référence à Charles d’Orléans dans le poème «Sin embargo» :

ils m'expulsèrent
de presque toutes les choses que j'aime,
et à rien ne servit que je sirvasse
la mémoire de Charles d' 0rléans, en nettoyant
chaque jour sa guitare de deuil,

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Charles d'Orléans prisonnier dans la Tour de Londres

Rappelons que Charles d'Orléans est né à Paris en 1394 et mort à Amboise en 1465. Méconnu du grand public, il a écrit une des œuvres poétiques les plus importantes du moyen âge français. Son poème «La Complainte de France» est un chant patriotique, composé pendant la longue captivité anglaise de l’auteur. Le poète souhaitait évoquer avec douleur les plaies de la patrie et l'éloignement des siens.

À travers l’intertexte, Neruda s’associe à Charles d’Orléans pour parler de l’exil, leur douloureuse expérience commune. Mais Neruda choisit un extrait précis qui pourrait être interprété comme une critique de cette France qui l’expulse, en rupture avec sa tradition de terre d’accueil.

Les valeurs et les vertus ancestrales, le glorieux passé de la France, sont d’un autre temps. La situation de détresse morale dans laquelle se trouve le pays est due, selon le poète, à un châtiment divin, en raison des péchés capitaux dont le « Très chrétien, franc royaume de France » est coupable.

De plus, dans l’extrait ci-dessus, Neruda revendique son lien profond avec la culture française en citant notamment Charles d’Orléans, mais aussi, Rimbaud et Rabelais. Mais la référence à Charles d’Orléans est d’autant plus intéressante qu’il s’agit d’un poète mal connu du peuple français, et qui renvoie à l’histoire de la littérature française d’il y a plus de 5 siècles. Neruda lit, cite et se reconnaît dans un auteur oublié par les propres français.
M.C.


(***) Paraphrase du titre de l’article rédigé par Émile Zola lors de l'affaire Dreyfus, publié dans le journal L'Aurore du 13 janvier 1898
C’est ce poème de Charles d'Orléans que Neruda choisit pour introduire ses poèmes consacrés à la France dans son livre Las uvas y el viento, (Les grappes et le vent) publié en 1954.

 

dimanche 25 janvier 2009

DANAI STRATIGOPOULOU, LA VOIX GRECQUE DE NERUDA S’EST TUE

Pablo Neruda et Danai Stratigopoulou

Danai Stratigopoulou (Δανάη Στρατηγοπούλου en grec moderne), chanteuse et artiste grecque, traductrice de Pablo Neruda, est décédée à l'âge de 96 ans, dimanche 18 janvier dernier, à Athènes.




samedi 17 janvier 2009

MUERE LENTAMENTE « HOAX LITTÉRAIRE »

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« PABLO - RENATO PORTRAIT DANS LE PORTRAIT »,
LE POÈTE CHILIEN PABLO NERUDA POSE POUR SON
 AMI LE PEINTRE ITALIEN RENATO GUTTUSO, ROMA 1951.
PHOTO ANTONELLO TROMBADORI

Les moyens de communication et leur fin furent un sujet qui interpela Neruda, comme on peut le voir dans Fin de monde (1969) :

« Ce fut le siècle communicatif
  des incommunications :
  les câbles au-dessous de la mer
  ont été parfois véritables
  lorsque le mensonge parvint
  à davantage de latitude
  et longitudes que l'océan : … ».


Photos d'archive de l'agence EFE 
de la femme de lettres brésilienne 
Martha Medeiros, la vraie auteur DU 
poème, et du poète chilien sur une 
photo prise en 1956, à Budapest

Le poète n'a pas connu Internet, né quelques années après sa mort. Il n'a pas connu non plus la populaire invention de Timothy John Berners Lee (World Wide Web), ni ses effets pervers dans la diffusion des idées.

Il meurt lentement
est une poésie triviale, vaguement New Age, dans la ligne de ce que les québécois appellent « Bouillon de Poulet pour l'âme ». Il s’agit de textes qui réchauffent le cœur et remontent le moral. Le poème en question est un texte poétique qui s'est transformé, emporté dans un « hoax littéraire » de ce début de XXIème siècle.

Un « hoax » est une fausse information, non vérifiable, propagée spontanément par les internautes. Ces textes existent surtout sous forme de courrier électronique, ou de message sur des forums Internet. Ils encouragent les destinataires à les renvoyer à leurs contacts, ce qui crée une réaction « boule de neige ».

L'original « A Morte Devagar », fut publié le premier Novembre 2000 (la veille du Jour de Commémoration des fidèles défunts, fête des morts chrétienne) sur la page Web brésilienne Bacaninha, sous la signature de Martha Medeiros. On peut supposer que c’est l’auteur en personne qui l’a mis en ligne. Le texte a commencé à circuler sur Internet au moyen du système de « Chaînes de Lettres », en tant que poème de Pablo Neruda, atteignant une diffusion inespérée.

Si vous cherchez sur Internet [ "Muere lentamente", Neruda ] vous trouverez : avec Google un total de 23 600 réponses, avec AltaVista 132.000 résultats, avec Yahoo 132.000, et avec MSN Chercheur de Microsoft 24.100 résultats.

En raison des caractéristiques de la propagation des messages sur Internet, le faux texte de Neruda a eu des traductions multiples et une diffusion planétaire. Et ce, malgré les protestations et les réclamations de nerudistes de plusieurs pays. Le texte a poursuivi sa cyber existence et connut une propagation dans le Cyberespace.

La plaisanterie et sa mystification sont allés très loin, comme peut l'illustrer la fâcheuse posture dans laquelle s’est trouvée le Sénateur et Ministre Italien de la justice Clemente Mastella. En effet, ce dernier a lu ce texte publiquement en pensant que l'auteur était Pablo Neruda, ce qui provoqua une polémique en Italie, et motiva une réponse de l'éditeur italien de Neruda, Stefano Passigli.

Au début de l'année, c'est-à-dire huit ans plus tard, l'auteur a appelé la Fondation Neruda à Santiago du Chili pour éclaircir le sujet et pour réclamer la maternité du texte en question et pour mettre fin à l'histoire.

Le poème et son auteur ont été -semble-t-il- les seuls bénéficiaires de cette affaire, qui fut l’occasion du canular littéraire le plus répandu sur Internet en ce début de siècle.


MC

samedi 10 janvier 2009

LE RETOUR DE NAZIM HIKMET 45 ANS APRÈS SA MORT

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]Nazim Hikmet
Considéré comme le plus grand poète turc du XXème siècle, Nazim Hikmet retrouve sa nationalité, 45 ans après son décès à Moscou où il vivait en exil après avoir été emprisonné et privé de sa nationalité pour ses écrits «communistes».

mercredi 31 décembre 2008

PABLO NERUDA ET LA RÉVOLUTION CUBAINE

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]Photo archive Pablo Neruda
Pablo Neruda a connu Fidel Castro au Venezuela, lors du premier voyage à l'étranger du leader cubain, peu après l'entrée des barbus à La Havane en 1959.

mardi 2 décembre 2008

ALAIN SOUCHON CHANTE UN HOMMAGE À NERUDA

Dans son dernier album "Ecoutez d'où ma peine vient", Alain Souchon, met en musique Oh ! la guitare, un poème tiré de l'Elégie à Pablo Neruda de Louis Aragon, chanté, jadis, par lène Martin.

vendredi 24 novembre 2006

POUR UN UNIVERSEL RÉCONCILIÉ

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Photo Alfredo Cáceres
L’UNESCO, encourage des projets concrets, enrichis par l’oeuvre-vie de grandes figures telles que Rabindranath TAGORE, Pablo NERUDA et Aimé CÉSAIRE, pour une conception d’un universel réconcilié avec le particulier à un moment où les crispations identitaires et spirituelles remettent en cause la paix à l’échelle nationale, régionale et internationale.

mardi 17 octobre 2006

PABLO NERUDA RENAÎT À BORDJ BOU-ARRERIDJ

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La ville de Bordj-Bou-Arreridj et ses alentours par satellite (World Wind/Nasa)
Heureusement, les poètes se passent très bien de la notion spatiotemporelle, et leurs œuvres, quels que puissent être «les impératifs» qui les tentent de les écarter du public, se perpétuent, de la main à la main, de bouche à oreille, et donc de l'âme à l'âme.


dimanche 15 octobre 2006

NANCY CUNARD LA SCANDALEUSE

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PORTRAIT NANCY CUNARD. 
PHOTO MAN RAY, 1926.

Nancy Cunard fut-elle le grand amour d'Aragon? Plus grand qu'Elsa Triolet? Celle-ci disait: "On parle toujours des poèmes que Louis a écrits pour moi. Mais les plus beaux étaient pour Nancy."

vendredi 10 août 1979

LE TESTAMENT DE PABLO NERUDA

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COUVERTURE LA ROSE DÉTACHÉE
ET AUTRES POÈMES

LORSQUE Pablo Neruda mourut, le 23 septembre 1973, dans sa maison de Santiago-du-Chili que venaient de saccager les rebelles du général Pinochet, il travaillait à un ensemble de poèmes qui comportait alors huit livres. Sa veuve, Mathilde, sauva les manuscrits, qui furent publiés à Buenos-Aires, chez Losada, de novembre 1973 à juillet 1974. Ces poèmes paraissent aujourd'hui en France dans une impeccable traduction due à Claude Couffon. La Rose détachée rassemble et rameute, reprend et creuse tout ce qui fit le lyrisme de Neruda : les grandes choses s'y mélangent aux petites ; les aveux y rejoignent la mythologie ; le sentiment de l'éphémère s'y conjugue avec celui de la permanence. Des textes, nés dans la maison de l'île Noire au Chili ou dans la résidence de Condé-sur-Iton en Normandie, disent la fragilité de la saveur du monde.

Par HUBERT JUIN

Puis la poésie de Neruda bascule, labourée, travaillée par les souvenirs : nous sommes dans le Moscou de jadis, au temps de l'exil, - et nous revenons à l'île Noire, à l'époque de Salvador Allende. La fidélité et la détermination, la méditation et les risques courus, voilà Pablo Neruda.

Pour comprendre et saisir la nature de ce lyrisme - dont on a dit, à juste titre, qu'il était universel - il importe de ne pas séparer le haut langage de Chant général, par exemple, de l'humilité narquoise des Odes élémentaires ; il faut observer que Neruda conciliait l'amour du passé et l'espérance dans l'avenir. Il parlait souvent, et dans ce livre même, de " retour ", de " revenir ", ce qui ne l'empêchait pas de souhaiter la transformation de la société, de vouloir le cours des métamorphoses.

La poésie est prophétie, non parce qu'elle dit ce qui va advenir, mais parce qu'elle exige que quelque chose advienne. La dimension hugolienne de Pablo Neruda est là ! Elle est aussi dans ce mélange perpétuel de l'intime et de l'épique. Dans le premier livre de la Rose détachée, le poète interroge les statues de l'île de Pâques :

Cette œuvre lut modelée par les mains du vent, les gants du ciel, la turbulence bleue...

Et de Polynésie (Poivre répandu / à la surface de la mer) nous sommes rejetés parmi ce que le poète nomme ses Défauts choisis, parmi les erreurs qu'il a commises, les faiblesses qu'il a éprouvées. Serait-on homme sans le droit aux contradictions que revendiquait Baudelaire ? Et serait-on poète si l'aveuglement ne jouait pas, ici ou là, sa partie ?

Je ne suis pas, je ne suis pas de braise ardente, / je suis fait de linge et de rhumatisme, / de papiers déchirés, de rendez-vous manques, / de modestes signes rupestres / sur ce qui fut pierres d'orgueil...

Sur tout cela, amoncellement de pierres et de mots, océan verbal traversé par des bourrasques, domine l'amour. Car Pablo Neruda fut, en notre siècle, l'un des tout premiers poètes de l'amour. La dernière incarnation de cet amour, la plus belle, ce fut Mathilde, et c'est vers Mathilde que la Rose détachée, ce recueil posthume, est entièrement tendu :

Il fut si beau de vivre quand tu vivais !

Huber Juin.